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  • Photo du rédacteurlauretalice

Première escale – Bourgogne





Une maison d’une famille. Côte-d’Or.

En juillet ils ont ramassé l’or des blés. Il reste des collines dorées du soleil. Et des forêts éparpillées parmi. Comme la demeure épaisse d’un silence animal.

Un calme comme je n’en connais pas ailleurs.

On entend jusque la lavande, les oiseaux du jour et les oiseaux de la nuit. Mille ans sont passées dans cette chapelle déjà.

Alors on fait silence.

Il n’y a pas de voitures. Ou si peu que c’est comme si de rien n’était. Parfois quelques tracteurs sur lesquels les enfants se retournent. C’est tout. Rien d’autre.

Ici, les enfants viennent depuis des étés. Petits à petits, les promenades du matin au promenades du soir, les animaux, les jeux, les siestes, les bains de soleil, les petits princes du goûter, les histoires, les rêves. Transmettre les joies d’été, d’une saison à l’autre. Passer la porte du jardin entourée de deux massifs d’abeilles. Saluer les vaches de Babouillard sur la route du pain que l’on doit penser à réserver la veille. Le pain de cette campagne est comme ça depuis que les voitures vont à des kilomètres à la ronde chercher ce qui aurait pu être là si on n’avait pas construit le désert dans un village. Regretter les chevaux qui sont partis avec celle qui les avait. Grandir chaque saison un peu plus. Jusqu’à voir au-dessus des murs du château. Cette année, pour lui, pour la première fois.

Ici les amis viennent depuis des étés. Des amis de si loin qu’on dit depuis toujours. Des amis du début de la vie. Quand la vie a pris ce chemin que l’on aime. Les amis sans qui rien ne serait de cette façon. Ceux que l’on a suivi. Ceux qui ont contourné la montagne pour nous montrer le monde derrière ce qui était insurmontable. Les chemins tracés par les lignées avant nous. Les amis qui ont pris la route pour une réalité. Qui nous ont emmenées avec eux, bras dessus, bras dessous, jusqu’à l’endroit où s’ouvrent des horizons. Ceux qui ont chanté des fleurs au bord de la route. Ceux qui ont dansé jusqu’au petit matin. Ca fait les larmes aux yeux de s’aimer depuis cette date. Se connaître par cœur. Faire pousser des rêves dans un jardin de la grande ville. Changer mille fois d’adresse. Revenir. De là et de de tout. Se retrouver dans la foule. Ne plus se quitter. Se raconter hier parmi tant d’autres. Tous ces mai depuis 68. Vous retrouver, vous, dans leurs bonheurs. Dans leurs éclats de rire. Dans leurs souvenirs de fêtes. Ne plus être chagrin du tout. Savoir. La promesse de toujours : cette infinie tendresse.

S’installer là. Dans cette chapelle de siècles. Dans cette maison d’années. Dans ce jardin d’été. Pour vous écrire une page du voyage

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